Une bonbonne de moins à surveiller : la vraie question derrière le gaz
La réponse dépend du fûtUne seule question suffit à trier les systèmes de tirage.
La question à poserLe vin touche-t-il ce qui le pousse ?
OuiFût inox, gaz au contact
Il faut un gaz, et le choisir avec soin.
CO2azotemélangedétendeur
NonFût à poche, Bibarium
Un compresseur à air presse la poche. Aucune bonbonne.
air compriméhors de la poche
Samedi soir, 21 h, la terrasse est pleine. Le serveur tire un verre de blanc, le bec crachote, puis plus rien. La bonbonne est vide. Il faut descendre en cave, dévisser, raccorder, vérifier le détendeur. Pendant ce temps, la file s'allonge au bar.
Ce petit scénario explique pourquoi la question se pose avant l'achat d'une tireuse à vin. Quel gaz faut-il ? Où le stocker ? Qui le commande ? Et surtout, ce gaz abîme-t-il le vin ?
La réponse courte dépend du système. Les tireuses héritées de la bière poussent le vin avec du CO2, de l'azote ou un mélange des deux. Le système Bibarium, lui, n'utilise aucun gaz : un compresseur à air presse une poche souple de l'extérieur, et l'air ne touche jamais le vin. Ce guide explique ce que fait chaque gaz au vin, ce que change l'absence de bonbonne au quotidien, et comment juger un système avant de vous équiper.
Vous comparez plusieurs équipements ? Gardez ce critère en tête jusqu'au bout de la lecture : ce qui pousse le vin, et ce qui le touche.
À quoi sert le gaz dans une tireuse ?
La chaîne de tirage
Une seule étape diffère1
Source de pression
Une bonbonne de gaz ou un compresseur à air.
2
Point d'application de la pression
Dans le fûtLe gaz remplit le vide au-dessus du vin.
Autour de la pocheLa pression écrase l'enveloppe, le vin reste isolé.
3
Ligne réfrigérée
Le vin monte et se met à température.
4
Bec et verre
Le geste de service est identique dans les deux cas.
Une tireuse ne pompe pas la boisson. Elle la pousse. Il faut une pression dans le fût pour faire monter le liquide dans la ligne, puis jusqu'au bec. Toute la différence entre les systèmes tient à la façon dont cette pression est créée, et à l'endroit où elle s'exerce.
Le gaz au contact du vin, un héritage de la bière
Sur une installation de bière classique, le gaz entre directement dans le fût. Il occupe l'espace libéré par le liquide qui sort et pousse la surface de la boisson. Pour la bière, c'est logique : elle contient déjà du CO2 et le gaz de poussée aide à le maintenir en équilibre.
Beaucoup d'installations de vin à la pression reprennent ce principe. Le vin est logé dans un fût en inox, et un gaz vient remplir le vide à mesure que le fût se vide. Le vin reste donc en contact permanent avec ce gaz, du premier verre au dernier.
La pression appliquée de l'extérieur, le principe de la poche
L'autre famille de systèmes sépare la boisson de ce qui la pousse. Le vin est enfermé dans une poche souple, elle-même placée dans un fût rigide. La pression s'exerce entre la paroi du fût et la poche, jamais à l'intérieur.
Dans ce cas, la nature du fluide qui presse la poche n'a plus le même enjeu. Il ne se dissout pas dans le vin, il ne le gazéifie pas, il ne l'appauvrit pas. Il se contente d'écraser l'enveloppe. C'est ce principe qui rend possible un tirage à l'air comprimé, sans bonbonne.
CO2, azote ou mélange : ce que chaque gaz fait au vin
Part de CO2 dans le gaz de poussée
Repères relevés chez Wikipédia, Micro Matic et Air Liquide, de 0 à 100 % de CO2.25 %
mélange courant pour le vin en fût inox
100 %
CO2 pur, tireuse à bière
02550751000 %
azote pur
25 %
mélange courant pour le vin
30 %
bière azotée
60 %
ales et lagers
100 %
CO2 pur, tireuse à bière
Si vous envisagez un système où le gaz touche le vin, le choix du gaz n'est pas un détail. Chaque option a un effet sur le produit servi. Air Liquide range d'ailleurs la décarbonication et la carbonication parmi les usages de ses gaz œnologiques (Matériels et Gaz au service du vin) : un gaz peut retirer du CO2 au vin comme lui en ajouter.
Le CO2 pur, qui finit par se dissoudre
Le CO2 est souvent déjà sur place, puisqu'il équipe les tireuses à bière. Le problème vient de sa solubilité : au contact d'un liquide froid et sous pression, il s'y dissout progressivement.
Sur un vin tranquille, cela se traduit par un léger perlant qui n'a rien à faire dans un verre de chasselas ou de gamay. Plus le fût reste longtemps en service, plus l'effet risque de se marquer.
L'azote pur, neutre mais pas sans effet
L'azote est un gaz neutre, beaucoup moins soluble que le CO2. Il paraît donc idéal. Mais le vin contient du gaz carbonique naturellement dissous, dont Air Liquide souligne le rôle dans les qualités gustatives du vin.
Sous une atmosphère d'azote pur, ce CO2 résiduel a tendance à quitter le vin pour rejoindre l'espace libre du fût. Le vin peut s'aplatir peu à peu.
Le mélange azote et CO2, le compromis des systèmes à gaz
Pour concilier les deux, de nombreuses installations de vin à gaz utilisent un mélange. L'encyclopédie Wikipédia (article Wine on tap) indique que les fûts de vin en inox sont généralement poussés par un mélange de 75 % d'azote et 25 % de dioxyde de carbone. Cette proportion vise à préserver le CO2 naturel du vin sans en ajouter.
Ce mélange n'a pas été inventé pour le vin. D'après WebstaurantStore (How to Serve Wine & Cocktails On Tap), le 75/25 est souvent déjà présent dans les bars parce que certaines bières de type stout utilisent la même proportion. C'est pratique, mais cela montre aussi que le vin à gaz reste un dérivé de l'équipement brassicole.
Un dosage qui dépend de plusieurs paramètres
Le bon mélange ne se décrète pas une fois pour toutes. Micro Matic, fabricant de matériel de tirage, explique dans son guide sur les gaz mélangés que le ratio dépend de la teneur en CO2 du produit, de sa température et de la pression appliquée au fût. Pour la bière, il cite des mélanges allant de 25 % de CO2 pour les stouts à 60 % pour les ales et lagers.
Côté fournisseurs, l'offre est très segmentée. Air Liquide commercialise par exemple un mélange d'azote et de 30 % de CO2, à plus ou moins 3 %, destiné au tirage de la bière azotée (fiche produit CARBOPUB 30). Un exploitant qui sert bière et vin à gaz doit donc parfois gérer deux références de bouteilles, deux détendeurs et deux réglages.
| Gaz au contact du vin | Effet principal sur un vin tranquille | Contrainte d'exploitation |
|---|
| CO2 pur | Gazéification progressive, perlant indésirable | Bouteille déjà présente pour la bière, mais inadaptée au vin |
| Azote pur | Perte progressive du CO2 naturel, vin plus plat | Bouteille et détendeur dédiés |
| Mélange azote et CO2 | Compromis, à régler selon le vin et la température | Référence spécifique, réglage à surveiller |
| Aucun gaz au contact (poche pressée) | Le vin n'échange rien avec ce qui le pousse | Pas de bonbonne pour le vin |
Et l'argon ?
L'argon est un autre gaz neutre, connu pour protéger une bouteille entamée : on le retrouve dans les sprays de conservation et dans certains systèmes qui prélèvent le vin sans déboucher. L'article Wine on tap de Wikipédia le cite aussi, avec l'azote, parmi les gaz qui mettent un fût sous pression. Il reste alors un gaz au contact du vin, avec des bouteilles à commander et à stocker.
Les méthodes de protection des bouteilles ouvertes forment un autre sujet, détaillé dans notre comparatif des méthodes de conservation du vin au verre. Ici, on parle uniquement de ce qui fait sortir le vin du fût.
Pourquoi le système Bibarium fonctionne sans gaz
Deux fûts en coupe
Ce qui pousse, ce qui toucheVin : seul en contact avec la ligne de tirage, dans les deux cas.
Gaz : remplace le vin sorti, donc le touche en continu.
Air : reste entre la paroi et la poche.
Chez Bibarium, la question du gaz ne se pose pas. Le choix est technique, et il découle directement de la conception du fût.
Un compresseur à air qui presse la poche
Le vin est conditionné dans une poche souple placée à l'intérieur d'un fût rigide et réutilisable. À la tireuse, un compresseur à air envoie de l'air entre le fût et la poche. La poche se comprime, et le vin monte vers le bec.
Il n'y a donc aucune bonbonne à acheter, à stocker, à échanger ou à remplacer pour servir le vin. Le compresseur fait partie de l'installation, au même titre que la tireuse.
L'air ne touche jamais le vin
C'est le point qui surprend le plus les exploitants. On associe spontanément l'air à l'oxydation, donc au vin gâché. Mais ici, l'air reste à l'extérieur de la poche. Il n'entre jamais en contact avec le vin, ni pendant le service, ni au moment du dernier verre.
À mesure que le fût se vide, la poche se rétracte. Aucun espace libre ne se forme au-dessus du vin, contrairement à une bouteille entamée ou à un fût inox où un gaz doit remplacer le liquide sorti. La poche se vide entièrement : il ne reste pas de volume de vin piégé en fin de tirage.
Ce que les essais ont mesuré sur le vin
Ce principe a été étudié scientifiquement. Dans le cadre du projet Interreg France-Suisse ECOFASS Vin, l'École de Changins a mené des essais de conservation sur des vins en fût. Les résultats ont été présentés au 42e Congrès mondial de la vigne et du vin de l'OIV, à Genève, en juillet 2019.
D'après la publication Wine-on-tap: A study on the conservation of wines in keg Ecofass (BIO Web of Conferences, 2019), le fût étudié est en polyéthylène haute densité et contient une poche en aluminium. L'étude cherchait à savoir si ce contenant convenait à une conservation de plusieurs mois. Marc Sarrazin, directeur de Bibarium, en est l'un des co-auteurs.
Sur le vin, la garantie documentée est de 4 mois, et des essais ultérieurs indiqués par Bibarium portent la conservation jusqu'à 6 mois. À titre de comparaison, une bouteille ouverte tient environ 2 jours, et un distributeur automatique de bouteilles environ 3 semaines. Ces durées concernent le vin, sur lequel les essais ont porté.
Ce que l'absence de bonbonne change au quotidien
La charge d'une bonbonne, poste par poste
Ce qu'un fût à gaz demande à l'équipe, et ce qui disparaît avec un fût à poche.TâcheFût à gazFût à poche
Commander le gaz et suivre la livraisonà gérer
Stocker les bouteilles en caveà gérer
Surveiller le manomètreà gérer
Changer la bonbonne en plein serviceà gérer
Échanger les bouteilles videsà gérer
85 %
d'espace de stockage gagné, jusqu'à, sur le vin en fût
< 5 s
pour servir un verre de vin à la tireuse
−17 %
de main-d'œuvre, dans les conditions de l'étude
−20 %
sur le coût du vin, dans les conditions de l'étude
Sur le papier, la différence paraît technique. En exploitation, elle se voit surtout dans la logistique, dans la cave et pendant le coup de feu.
Plus de rupture de gaz en plein service
Une bonbonne se vide sans prévenir, souvent au pire moment. Le manomètre aide, à condition que quelqu'un le regarde. Avec un système à gaz, il faut donc prévoir une bouteille de réserve, un fournisseur, des délais de livraison et l'échange des bouteilles vides.
Sans gaz pour le vin, ce poste disparaît. Il reste à surveiller ce qui compte vraiment pour la carte : le niveau des fûts et la rotation de chaque référence.
Une cave sans bouteilles sous pression pour le vin
Une bouteille de gaz est lourde et encombrante. Elle se manipule avec précaution à chaque changement. Dans une cave déjà chargée, chaque bouteille en moins libère de la place et supprime une manutention.
Ce gain s'ajoute à celui du fût lui-même. Le rapport final du projet Interreg ECOFASS Vin fait état d'un gain d'espace de stockage jusqu'à 85 % sur le vin en fût par rapport aux bouteilles. Un fût de 20 litres, le format le plus utilisé par Bibarium, équivaut à 27 bouteilles pour 25 kg plein.
Un service qui reste rapide
L'absence de gaz ne ralentit pas le tirage. Un verre de vin se sert en moins de 5 secondes à la tireuse. Le geste est le même que pour une bière, sans tire-bouchon ni bouchon cassé.
Le même rapport Interreg mesure, dans les conditions de l'étude, une baisse de 17 % de la main-d'œuvre et de 20 % du coût du vin liée au service en fût. Ces chiffres ne sont pas des promesses pour votre établissement, mais ils montrent où se situent les économies : dans le temps et dans le gaspillage évité.
Le spritz se sert lui aussi sans bonbonne. Découvrez la composition et le service de notre spritz classique.
Voir le spritz classiqueLa sécurité, un argument souvent oublié
Le CO2 dans une cave fermée
Cave, vue en coupe
CO2 : incolore, inodore, il s'accumule près du sol
l'air respirable reste au-dessus
0,5 %
valeur moyenne d'exposition au CO2, sur 8 heures de travail
0 %0,5 %1 %
1 kg de CO2 libère environ 500 litres de gaz.
Tirage du vin à l'air comprimé : aucune bouteille de gaz ajoutée en cave.
On parle rarement de sécurité en choisissant une tireuse. Pourtant, le CO2 stocké en cave n'est pas un gaz anodin, et les organismes de prévention le rappellent régulièrement.
Un gaz invisible et plus lourd que l'air
Le CO2 est incolore et inodore. Plus dense que l'air, il s'accumule dans les points bas. En Suisse, le Service de prévention des accidents dans l'agriculture (article Danger de gaz dans les caves à vin, 2021) rappelle que la valeur moyenne d'exposition au CO2 est fixée à 0,5 % sur une journée de travail de 8 heures. Il précise aussi que les masques filtrants courants ne protègent pas contre l'asphyxie.
Une petite quantité de gaz liquéfié représente un grand volume. D'après la documentation œnologie d'Air Liquide (Matériels et Gaz au service du vin), 1 kg de CO2 libère environ 500 litres de gaz. Une fuite sur une bouteille dans une petite cave fermée peut donc vite changer l'atmosphère de la pièce.
Des précautions qui s'ajoutent à l'exploitation
Dans les caves de vinification, la MSA rappelle que la détection permanente du gaz carbonique est obligatoire dans les lieux à risque, et met en garde contre le test de la bougie, jugé inefficace (brochure Le risque d'intoxication par le gaz carbonique en cave de vinification). Un bar n'est pas une cave de fermentation, mais la logique de prévention reste valable : ventiler, surveiller la teneur en CO2, informer le personnel.
Un système de tirage du vin qui fonctionne à l'air comprimé n'ajoute aucune bouteille de gaz à ce dispositif. Si votre établissement sert aussi de la bière avec du CO2, les règles de sécurité de votre fournisseur de gaz restent valables pour ces lignes. Elles ne s'étendent simplement pas à votre vin.
Et pour le mousseux, faut-il du CO2 ?
D'où viennent les bulles ?
Boisson en fûtBullesOrigine du gaz carboniqueBonbonne
Vin tranquilleAucun apport, le vin reste tel qu'enfûtéAucune
Vin mousseuxPrésent dans le vin dès la mise en fût, le fût rigide le gardeAucune
Spritz, hugo, cocktailsDans la recette au moment de l'enfûtage, eau gazeuse compriseAucune
C'est la question logique quand on parle de bulles. Si le vin tranquille n'a pas besoin de gaz, le vin mousseux en fût ne réclame-t-il pas un apport de CO2 ?
Les bulles sont dans la boisson, pas dans la bonbonne
Le gaz carbonique d'un mousseux est déjà dans le produit au moment de sa mise en fût. Le rôle du contenant est de le garder, pas de l'apporter. C'est pourquoi le fût rigide compte autant : il tient la pression d'une boisson effervescente, là où un contenant souple seul ne le peut pas.
Selon l'Analyse de Cycle de Vie de l'Institut Français de la Vigne et du Vin (2020), le fût est d'ailleurs la seule alternative à la bouteille pour les vins effervescents. Les seuils de pression des vins mousseux et la comparaison avec les contenants souples sont détaillés dans notre article bag-in-box ou fût.
Le même principe pour les cocktails à la pression
Le spritz, le hugo et les autres cocktails en fût de Bibarium sont servis avec le même système de poche pressée par le compresseur à air. Aucune bonbonne n'est nécessaire pour le mousseux en fût, le spritz en fût ou le cocktail en fût.
Une précision s'impose toutefois : les durées de conservation citées plus haut ont été établies sur le vin. Le principe de la poche isolée de l'air protège aussi les autres boissons servies à la pression, mais ces durées ne se transposent pas automatiquement aux cocktails.
Déjà équipé pour la bière : que faire de votre installation gaz ?
Deux circuits sous le même comptoir
Lignes bière, inchangées
Bonbonne de CO2 ou mélange
Votre gaz et vos réglages actuels
Fût de bière
Gaz au contact, utile pour la bière
Lignes vin et cocktails
Compresseur à air
Aucun raccord à la ligne de gaz
Fût à poche
Air hors de la poche, vin isolé
Le comptoir est commun, les circuits restent indépendants.
Beaucoup d'établissements qui s'intéressent au vin à la tireuse ont déjà une installation de bière, avec ses bouteilles de CO2 ou de mélange. La tentation est grande de brancher le vin sur ce gaz existant.
Le CO2 de la bière n'est pas fait pour le vin
Pour les raisons vues plus haut, le CO2 pur en contact avec un vin tranquille finit par le gazéifier. Raccorder un fût de vin inox sur la ligne de gaz de la bière est donc une fausse économie. Avec un système à poche, la question ne se pose même pas : le vin ne touche aucun gaz.
Deux circuits qui cohabitent sans se gêner
Vos lignes de bière gardent leur gaz et leurs réglages. Le vin et les cocktails en fût fonctionnent avec le compresseur à air, de façon indépendante. L'arbitrage entre les deux boissons, avec leurs différences de température et de service, est traité dans notre guide bière à la pression et vin en fût.
Pour le reste du choix d'équipement, nombre de becs, mode de froid, matériau, le sujet est développé dans notre guide pour choisir une tireuse à vin professionnelle.
Trois erreurs fréquentes sur le gaz d'une tireuse à vin
Idée reçueCe qu'il faut retenir
L'air comprimé oxyde le vin
Tout dépend de la place de l'air : hors de la poche, il ne touche rien.
Un gaz neutre ne change rien au vin
Au contact, il peut gazéifier ou aplatir le vin avec le temps.
Le gaz ne coûte que sa recharge
Échange des bouteilles, commande, place en cave et ruptures s'ajoutent.
Les mêmes confusions reviennent souvent quand un exploitant découvre le vin à la pression. Elles coûtent du vin, du temps ou de l'argent.
Croire que l'air comprimé oxyde forcément le vin
Cette crainte est légitime avec un système où l'air entre dans le fût. Elle ne l'est plus quand l'air reste à l'extérieur d'une poche étanche. Ce qui compte n'est pas le fluide utilisé, mais l'endroit où il se trouve par rapport au vin.
Penser qu'un gaz neutre règle tout
Un gaz réputé neutre peut quand même modifier le vin sur la durée, en le gazéifiant ou en l'appauvrissant en CO2 naturel. Un vin servi sous gaz pendant plusieurs semaines n'a pas toujours le même profil qu'au branchement. C'est un point à poser franchement à tout fournisseur.
Oublier le coût caché de la bonbonne
Le prix de la recharge n'est qu'une partie de la facture. Il faut ajouter l'échange des bouteilles, le temps passé à les commander et à les changer, la place occupée en cave et le risque de rupture en plein service. Ces postes ne figurent jamais sur la fiche technique d'une tireuse.
Trois critères pour juger un système de tirage avant d'acheter
La grille de questions, dans l'ordre
À poser à chaque fournisseur avant de comparer les offres.1
Ce qui pousse, ce qui touche
Quel fluide crée la pression ?Touche-t-il le vin ?Quel réglage par vin ?
2
La liste des consommables
Qui commande ?Où stocker ?Et si ça manque un samedi ?
3
Rotation contre conservation
Verres par semaineDurée d'écoulement du fûtFenêtre de conservation
Repère de calcul : un fût de 20 L équivaut à 27 bouteilles de vin de 75 cl.
Avant de comparer des devis, trois vérifications simples permettent d'y voir clair. Elles s'appliquent à n'importe quel équipement, quel que soit le fournisseur.
1. Demander ce qui pousse le vin, et ce qui le touche
Posez la question en deux temps. Quel fluide crée la pression ? Ce fluide est-il en contact avec la boisson ? Si la réponse à la seconde question est oui, demandez quel gaz exact est recommandé pour chaque type de vin, et quel réglage il suppose.
2. Lister les consommables de l'installation
Faites la liste de tout ce qu'il faudra racheter régulièrement pour servir : bouteilles de gaz, recharges, pièces d'usure. Pour chaque consommable, notez qui le commande, où il se stocke et ce qui se passe s'il manque un samedi soir. Cette liste révèle souvent plus de différences entre deux systèmes que leur fiche technique.
3. Croiser la rotation et la durée de conservation
Estimez combien de verres vous vendez par semaine pour chaque référence. Un fût de 20 litres représente 27 bouteilles. Si une référence s'écoule en quelques semaines, elle reste largement dans la fenêtre de conservation du vin en fût. Si elle tourne très lentement, mieux vaut le savoir avant de la mettre en fût.
Cette question de rotation pèse lourd dans le secteur. Selon l'étude de l'École hôtelière de Lausanne publiée en 2019, menée auprès de 104 établissements suisses, 61 % proposaient entre 4 et 10 vins au verre. La même étude relevait que 65 % des établissements servaient le vin au verre sans aucun procédé alternatif à la bouteille ouverte. Autant de références qui s'oxydent dès l'ouverture.
Ce que le terrain nous apprend
Trois terrains, une même contrainte
Palexpo, pic d'affluence
+30 %050100150base 100avec fûts Boissons servies, en indice. Retour du client lors du concours international d'équitation, avec moins de personnel. Pas une mesure formalisée.
Téléverbier
5e saison consécutive. En altitude, chaque consommable à monter compte.
Bains des Pâquis
Buvette à Genève. Moins de manipulations, plus d'attention aux clients.
Le service sans gaz n'est pas une théorie de laboratoire. Il fonctionne dans des contextes très différents, avec des contraintes parfois extrêmes.
En altitude, chaque consommable compte
Téléverbier travaille avec Bibarium pour la cinquième saison consécutive. En altitude, l'approvisionnement des refuges passe par des rotations d'hélicoptère, que les fûts permettent de réduire. Dans ce contexte, une installation qui ne demande pas de bouteilles de gaz pour le vin, c'est aussi un consommable de moins à acheminer jusqu'au sommet.
En pic d'affluence, le débit fait la différence
Lors du concours international d'équitation de Palexpo, le client a rapporté avoir servi 30 % de boissons en plus avec moins de personnel. Il s'agit d'un retour du client, pas d'une mesure formalisée. Il illustre un point simple : quand le service s'enchaîne, tout ce qui interrompt le tirage, comme un changement de bonbonne, coûte des ventes.
Au bord de l'eau, la simplicité d'abord
Sur une buvette au bord de l'eau, comme celle des Bains des Pâquis à Genève, équipée par Bibarium, le service s'enchaîne. Moins il y a de manipulations techniques, plus le personnel se concentre sur les clients. L'absence de gaz pour le vin supprime l'une de ces manipulations.
Une fois le principe de la poche compris, la question du gaz est réglée. Reste ce qui compte pour la marge : le volume vendu au verre et le vin jeté en fin de service.
Une expertise de vigneron, pas de vendeur de gaz
MS
Marc Sarrazin
Directeur de Bibarium, ingénieur œnologue diplômé de Changins, ancien serveur en salle.
2017Lancement du projet Interreg ECOFASS Vin
Avec l'IFV, Changins et l'EHL, jusqu'en janvier 2020.
2019Congrès mondial de l'OIV, Genève
Présentation des essais de conservation du vin en fût.
2019Cave de La Côte, Cave suisse de l'année
Titre décerné par le Grand Prix du Vin Suisse. La cave est aujourd'hui le partenaire numéro 1 de Bibarium.
Le choix de travailler sans gaz n'est pas un argument commercial plaqué après coup. Il vient d'une lecture œnologique du produit.
Bibarium est une entreprise suisse de la région de Genève, dirigée par Marc Sarrazin, ingénieur œnologue diplômé de Changins. Il a été serveur au Tropical Corner, au bord du lac de Genève, avant d'en faire un établissement partenaire. Son directeur connaît donc le service en salle de l'intérieur.
Ses fûts s'appuient sur le projet Interreg France-Suisse ECOFASS Vin, mené de juillet 2017 à janvier 2020 avec l'Institut Français de la Vigne et du Vin, l'École de Changins et l'École hôtelière de Lausanne. Le vin servi vient de partenaires comme la Cave de La Côte, élue Cave suisse de l'année 2019 au Grand Prix du Vin Suisse, où l'enfûtage se fait chez le vigneron.
Vos questions fréquentes sur le gaz pour tireuse à vin
Une tireuse à vin peut-elle fonctionner sans bonbonne ?
Oui, à condition que le vin soit conditionné dans une poche souple placée dans un fût rigide. Dans ce cas, un compresseur à air suffit à créer la pression qui fait monter le vin jusqu'au bec. C'est le fonctionnement du système Bibarium. Les tireuses où le vin est logé directement dans un fût inox, en revanche, ont besoin d'un gaz pour remplacer le volume tiré.
Le compresseur à air risque-t-il d'oxyder le vin ?
Non, car l'air envoyé par le compresseur reste entre la paroi du fût et la poche. Il exerce une pression sur l'enveloppe, sans jamais pénétrer à l'intérieur. L'air du compresseur n'entre donc jamais en contact avec le vin. Ce qui détermine le risque d'oxydation, ce n'est pas la nature du fluide utilisé, c'est l'étanchéité de la barrière entre ce fluide et la boisson.
Peut-on brancher le vin sur le CO2 de la bière ?
Avec un fût de vin en inox, c'est déconseillé. Le CO2 pur se dissout peu à peu dans un vin tranquille et lui donne un perlant qui n'a rien à faire dans le verre. Avec un fût à poche, la question ne se pose pas : le vin ne touche aucun gaz. Vos lignes de bière conservent leur propre alimentation, et le vin fonctionne de façon indépendante.
Quel gaz choisir pour une tireuse à vin à gaz ?
Si votre équipement impose un gaz au contact du vin, la pratique la plus répandue est un mélange d'azote et de CO2, souvent proche de 75/25. Le bon ratio dépend toutefois de la température de service, de la pression appliquée et du profil du vin. Demandez au fabricant de votre installation un réglage écrit pour chaque type de vin, et vérifiez le goût après plusieurs jours de service.
L'argon est-il préférable à l'azote pour un fût ?
L'argon est très apprécié pour protéger une bouteille entamée ou prélever un grand vin sans le déboucher. Certaines installations l'emploient aussi pour pousser le vin, mais il ne règle pas la question de fond : un gaz au contact du vin peut modifier son équilibre en CO2 dissous, et il faut toujours commander et stocker des bouteilles. Un fût à poche évite ce compromis puisque rien ne touche le vin.
Faut-il un détecteur de CO2 avec une tireuse à vin ?
Tout dépend de ce qui est stocké dans la pièce. Si des bouteilles de CO2 alimentent des lignes de bière ou de soda, les consignes de sécurité de votre fournisseur de gaz s'appliquent : renseignez-vous auprès de lui sur la ventilation et la détection adaptées à votre local. Un système de tirage du vin à l'air comprimé n'ajoute en revanche aucune bouteille de gaz en cave. Il ne crée donc pas de risque supplémentaire de ce côté.
Servir le vin sans bonbonne, une décision qui simplifie tout le reste
Faut-il du gaz pour une tireuse à vin ?
Fût inox
Oui
Un gaz à choisir, à régler et à stocker.
bonbonnedétendeurréglage par vin
Fût à poche Bibarium
Non
Un compresseur à air presse la poche. Le vin ne touche ni gaz ni air.
aucune bonbonnevin isolémousseux et cocktails compris
Faut-il du gaz pour une tireuse à vin ? Avec un fût inox, oui, et son choix influence directement le goût du vin servi. Avec un fût à poche pressée par un compresseur à air, non. Le vin ne touche ni gaz ni air, et la cave compte une bonbonne de moins à commander, à stocker et à surveiller.
Le bon système est celui qui protège le vin tout en allégeant le quotidien de l'équipe. Le reste se joue sur vos volumes, votre carte et la place dont vous disposez.
Parlons de votre établissement. Nos technico-commerciaux viennent évaluer votre installation actuelle et vos volumes au verre.
Demander une visite conseilSources
- BIO Web of Conferences, Wine-on-tap: A study on the conservation of wines in keg Ecofass, 42e Congrès mondial de la vigne et du vin
- Wikipédia, Wine on tap, gaz de poussée des fûts de vin en inox
- WebstaurantStore, How to Serve Wine and Cocktails On Tap
- Micro Matic, guide des gaz mélangés pour le tirage
- Air Liquide, fiche produit CARBOPUB 30, mélange azote et CO2 pour le tirage
- Air Liquide, Matériels et Gaz au service du vin
- Service de prévention des accidents dans l'agriculture, Danger de gaz dans les caves à vin
- MSA, Le risque d'intoxication par le gaz carbonique en cave de vinification
Bibarium, spécialiste suisse du vin et des cocktails à la pression
Entreprise suisse de la région de Genève, Bibarium équipe les professionnels de la restauration, des bars et de l'événementiel en fûts et systèmes de tirage sans gaz pour le vin, le mousseux et les cocktails. Son expertise s'appuie sur le projet de recherche Interreg ECOFASS Vin, mené avec l'Institut Français de la Vigne et du Vin, l'École de Changins et l'École hôtelière de Lausanne, et sur des partenaires vignerons comme la Cave de La Côte.
Contenu relu et validé par Marc Sarrazin, directeur de Bibarium, ingénieur œnologue diplômé de Changins.
Mis à jour : octobre 2026