Sommaire
Publicité et promotion de l'alcool au bar
14 sections, une FAQ
Module sombre
Module clair
Module crème
Schéma
Outil
Publicité pour l'alcool en Suisse : les règles qu'un bar doit connaître
Trois gestes ordinaires, trois règles possibles
L'ardoise sur le trottoir
Visible depuis le domaine public : la loi cantonale s'ajoute au droit fédéral.
Le post sur les réseaux
C'est de la publicité, même non sponsorisé, s'il vise le public suisse.
Le verre de bienvenue
Un avantage gratuit : interdit s'il n'exclut pas les spiritueux.
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Deux questions avant chaque support : que montre-t-il, et où est-il visible ?
Une ardoise posée sur le trottoir. Un post pour annoncer la nouvelle carte de cocktails. Un verre de bienvenue pour l'ouverture de la terrasse. Pour un exploitant, ce sont des gestes de communication ordinaires.
En Suisse, chacun de ces gestes peut pourtant tomber sous le coup d'une règle. Et la difficulté ne vient pas d'un texte unique. Elle vient de l'empilement : une loi fédérale pour les spiritueux, une ordonnance pour toutes les boissons alcooliques, puis des lois cantonales qui ne disent pas la même chose à Genève et dans le canton de Vaud.
Ce guide trie ce qui s'applique à votre établissement, support par support : la carte, l'ardoise, la vitrine, la terrasse, le site et les réseaux sociaux. Il montre aussi où s'arrête l'interdit, pour que vous communiquiez sans crainte sur tout ce qui reste permis.
Besoin d'aller droit au but ? La méthode pour auditer vos supports en trois passages se trouve plus bas.
Qui fixe les règles de la publicité pour l'alcool en Suisse ?
Trois étages, du plus général au plus local
Fédéral
Loi sur l'alcool : publicité pour les spiritueux (art. 42b) et formes de vente interdites (art. 41).
Fédéral
ODAlOUs et LRTV : toutes les boissons alcooliques face aux mineurs, et pas de spiritueux à la radio ni à la télévision.
Cantonal
Lois cantonales : affichage, happy hours, parrainage. Elles diffèrent d'un canton à l'autre.
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cantons avec une restriction légale de la publicité pour l'alcool, selon le tableau de l'OFSP
À retenir : c'est la règle du lieu où le support est visible qui s'applique, pas celle du siège de l'établissement.
Trois étages de droit se superposent. Les distinguer évite deux erreurs fréquentes : croire qu'une règle lue pour un canton vaut partout, ou penser qu'une boisson échappe à tout parce qu'elle échappe à une loi.
La loi fédérale sur l'alcool, pour les spiritueux
La loi fédérale sur l'alcool (LAlc) encadre la publicité pour les boissons distillées à son article 42b. Son article 41 interdit en parallèle certaines formes de commerce de détail, comme la vente avec cadeau ou la distribution gratuite à des fins publicitaires.
L'Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières (OFDF) veille au respect des règles de publicité. Les cantons, eux, sont chargés d'appliquer les interdictions de commerce de l'article 41.
L'ordonnance sur les denrées alimentaires, pour toutes les boissons alcooliques
Le vin, la bière et le cidre ne relèvent pas de la loi sur l'alcool. Ils ne sont pas pour autant hors de tout cadre. L'ordonnance sur les denrées alimentaires et les objets usuels (ODAlOUs) régit la publicité pour l'ensemble des boissons alcooliques à ses articles 42 et 43, surtout pour protéger les mineurs. Ce sont les cantons qui en contrôlent le respect.
La loi sur la radio et la télévision
La loi fédérale sur la radio et la télévision (LRTV) interdit, à son article 10, la publicité pour les boissons régies par la loi sur l'alcool. Pour un bar, cela vise un spot sur une radio locale ou une chaîne régionale. Le guide de l'OFDF étend l'interdiction faite par la loi sur l'alcool à la radio et à la télévision à toutes les formes de streaming.
Les lois cantonales, qui vont souvent plus loin
C'est à cet étage que les écarts se creusent. D'après l'Office fédéral de la santé publique (tableau « Alcool : restrictions de publicité dans les cantons »), 14 cantons sur 26 ont édicté une restriction légale de la publicité pour l'alcool ou du parrainage par l'industrie de l'alcool. Genève, Vaud, Fribourg et Neuchâtel en font partie, le Valais et le Jura non, selon ce même tableau.
Office fédéral de la santé publique, restrictions de publicité dans les cantons
Un groupe présent dans plusieurs cantons ne peut donc pas concevoir une campagne unique et la décliner partout. La règle du lieu où le support est visible prime.
Spiritueux ou boisson fermentée : la question à trancher en premier
L'arbre de décision, boisson par boisson
Un spiritueux entre-t-il dans la recette ?
Loi sur l'alcool
Quel que soit le degré final, même pour un long drink léger.
Fermentation seule, sous 15 % du volume, ou 18 % pour un vin de raisin ?
Hors loi sur l'alcool
Vin, mousseux, bière, cidre : reste la protection des mineurs et le droit cantonal.
Loi sur l'alcool
Vin doux au-delà de 18 %, liqueurs, apéritifs, amers.
Base : loi fédérale sur l'alcool, article 2, et guide de la publicité de l'OFDF. Une denrée contenant plus de 6 % de spiritueux en poids est aussi concernée.
Avant de regarder un support, il faut savoir ce qu'il montre. Une affiche pour un verre de chasselas et une affiche pour un gin tonic ne relèvent pas du même régime. Toute la suite en dépend.
Ce que dit l'article 2 de la loi sur l'alcool
La frontière est fixée par la loi elle-même. D'après la loi fédérale sur l'alcool (article 2, dans sa teneur en vigueur depuis 2010), les produits obtenus uniquement par fermentation qui ne dépassent pas 15 % du volume, ou 18 % pour les vins naturels de raisins frais, ne sont pas soumis à la loi. Le même article précise que les produits additionnés d'alcool, eux, y tombent.
Loi fédérale sur l'alcool (LAlc), RS 680
Concrètement, un vin tranquille, un vin mousseux, une bière ou un cidre restent hors de la loi sur l'alcool. Un vin doux qui dépasse 18 % y entre.
Le cas des cocktails et des mélanges
Pour un bar à cocktails, c'est le point décisif. Selon l'OFDF, toute boisson additionnée d'un spiritueux est soumise aux règles de publicité de la loi sur l'alcool, quelle que soit sa teneur en alcool. Un cocktail léger, servi long avec beaucoup d'eau gazeuse, reste donc un spiritueux au sens de la publicité.
Le guide de l'office range aussi dans ce régime les liqueurs, les apéritifs, les amers, les vins doux et les alcopops. D'après l'OFDF (Guide de la publicité pour les boissons spiritueuses, novembre 2024), une denrée alimentaire contenant un spiritueux y entre dès que la part de spiritueux dépasse 6 % du poids total. Un dessert à base de spiritueux mis en avant sur la carte peut donc être concerné.
OFDF, Guide de la publicité pour les boissons spiritueuses
| Boisson | Loi sur l'alcool | Ordonnance sur les denrées alimentaires |
|---|
| Vin, vin mousseux, bière, cidre (fermentation seule) | Non concerné jusqu'à 15 %, 18 % pour le vin de raisin | Oui, protection des moins de 18 ans |
| Gin, vodka, rhum, alcool d'agave, liqueurs, amers | Oui | Oui |
| Cocktail additionné d'un spiritueux | Oui, quel que soit son degré | Oui |
| Vin de raisin au-delà de 18 % | Oui | Oui |
Le réflexe à adopter avec une boisson composée
Pour une boisson qui associe du vin à d'autres ingrédients, seule la composition exacte permet de trancher. Demandez-la par écrit à votre fournisseur avant de communiquer. En cas de doute, l'OFDF peut examiner le projet, nous y revenons plus bas.
Ce qu'une publicité pour un spiritueux a le droit de montrer
Le produit, rien que le produit
Ce que le guide de l'OFDF admet et exclut dans une publicité pour un spiritueux.
Un verre plein, sa garniture, des glaçons
Shaker, cuillère, tapis de bar, tablier
Les mains du barman, sans son visage
Le nom du cocktail suivi de sa recette
Une personne, un client, un visage
Une saison, une fête, un jour férié
« Sublime », « explosif », « que la fête commence »
Des voix qui trinquent, une bande-son de fête
Test rapide : si l'élément disparaît, la boisson est-elle moins bien décrite ? Si la réponse est non, il n'a pas sa place.
La règle tient en une phrase. La publicité pour les boissons distillées, par le texte, l'image ou le son, ne peut contenir que des indications ayant directement trait au produit et à ses propriétés. Tout ce qui raconte autre chose que la boisson est exclu.
Le produit, sa recette et les objets du bar
Le champ autorisé est plus large qu'on ne le croit. Le guide de l'OFDF admet un verre plein, un cocktail dressé, une rondelle de citron, des glaçons ou une feuille de menthe. Les objets liés à la boisson passent aussi : verre à cocktail, shaker, paille, cuillère de bar, tapis de bar, tablier de barman.
Le comptoir peut même servir de décor, à une condition : le regard est dirigé vers l'arrière du bar, côté bouteilles, et non vers la salle. Une plage, une soirée ou des clients en arrière-plan font basculer l'image dans l'interdit.
Les personnes : la règle la plus stricte
Une publicité pour un spiritueux ne montre en principe aucune personne, ni même une partie du corps. L'OFDF prévoit deux exceptions. Les mains d'un barman peuvent apparaître si l'image se concentre sur la préparation de la boisson, sans jamais montrer son visage. Le fondateur ou le maître distillateur d'un producteur peut figurer dans un contexte de production authentique.
Ce cas revient souvent sur les réseaux sociaux : une photo de terrasse au coucher du soleil, quatre amis qui trinquent, un gin tonic au premier plan. L'image est jolie, et elle cumule tout ce que la loi proscrit. La même photo, recadrée sur le verre et sa garniture, devient conforme.
Les mots : slogans, saisons et noms de cocktails
Les slogans sans lien avec le produit sont exclus, tout comme les incitations à boire, les jeux de mots et les références aux fêtes ou aux saisons. « Le cocktail parfait pour l'été » ne passe pas. Les qualificatifs qui ne décrivent pas une propriété perceptible, comme « sublime » ou « explosif », non plus.
Un point concerne directement les cartes de cocktails. Le guide de l'OFDF demande d'accompagner un nom de cocktail fantaisiste de sa recette, puisque le nom seul a rarement trait au produit. Afficher les ingrédients à côté du nom est donc la bonne pratique, et c'est aussi une information utile au client.
Le son obéit à la même logique. Une vidéo peut porter une musique neutre et le bruit de la préparation. Des voix qui trinquent ou une bande-son de film d'action la font sortir du cadre.
Où la publicité pour les spiritueux est interdite, quel que soit son contenu
Interdiction absolue pour les spiritueux
Six lieux où le contenu de la publicité ne change rien
LAlc, art. 42b, al. 3
Let. a
Radio, télévision, streaming
Let. b
Bâtiments à usage public
Let. c
Transports publics et arrêts
Let. d
Places de sport, manifestations sportives
Let. e
Manifestations pour enfants et adolescents
Let. f
Commerces liés à la santé
Exception selon le guide de l'OFDF : les zones de restauration des gares, aéroports et centres commerciaux. La lettre g vise en plus les objets sans rapport avec la boisson.
Une publicité parfaitement centrée sur le produit reste interdite dans certains lieux. L'article 42b, alinéa 3, de la loi sur l'alcool dresse une liste fermée :
- à la radio et à la télévision ;
- dans et sur les bâtiments destinés à des usages publics, et dans les transports publics ;
- sur les places de sport et lors des manifestations sportives, ainsi que lors des manifestations organisées principalement pour les enfants et les adolescents ;
- dans les commerces liés à la santé, et sur les objets sans rapport avec les boissons distillées.
Gares, aéroports, centres commerciaux : l'exception des zones de restauration
Le guide de l'OFDF assimile aux bâtiments publics les gares, les aéroports, les commerces et les centres commerciaux. Il prévoit cependant une exception pour leurs zones de restauration ou de vente de boissons spiritueuses. Un bar installé dans une gare peut donc présenter ses spiritueux dans son espace, pas sur les murs du hall.
Stades et événements sportifs : la vigilance s'impose au bar
Bibarium équipe un stade de Suisse romande avec des meubles de tirage sur roulettes, et a accompagné le service lors du concours international d'équitation de Palexpo. Sur ce type de site, la publicité pour les spiritueux est interdite par la loi fédérale, qu'il s'agisse d'une affiche, d'une oriflamme ou d'un habillage de bar mobile.
Le vin et la bière n'y sont pas visés par cette interdiction fédérale. Les règles cantonales et l'interdiction de cibler les mineurs continuent en revanche de s'appliquer. Sur un événement sportif, le plus sûr est de réserver toute mise en avant aux boissons fermentées et aux boissons sans alcool.
Les objets publicitaires qui n'ont rien à voir avec la boisson
Une marque de spiritueux peut figurer sur un verre, une paille, un doseur ou un bec verseur. Elle ne peut pas figurer sur un objet sans rapport avec la boisson. Le guide cite l'exemple d'une coque de téléphone. Une casquette ou une clé USB distribuées au bar tombent dans le même interdit.
Prix, cadeaux, concours : aucun avantage sur un spiritueux
10 %
valeur maximale d'un cadeau lié au produit, présenté comme compris dans le prix
Mentions admises
spécialmeilleure venteprix bas permanentavecy compris
Mentions exclues
actionprix réduitoffertgratuitdurée limitéeprix de lancement
Et les concours ? Interdits dès qu'ils servent la publicité d'un spiritueux ou impliquent d'en acheter ou d'en distribuer (art. 42b, al. 4).
L'alinéa 2 de l'article 42b interdit les comparaisons de prix et la promesse de cadeaux ou d'autres avantages. C'est la perception du client moyen qui compte, pas l'intention de l'exploitant.
Les mots qui trahissent un avantage
Le guide de l'OFDF dresse une liste utile. Sont exclues les mentions « action », « prix réduit », « bonne affaire », « prix de lancement », « en promotion », « offre exclusive » ou « uniquement pour une durée limitée ». Un compte à rebours associé à un prix est lui aussi traité comme une offre limitée dans le temps.
D'autres expressions restent admises parce qu'elles ne promettent pas d'avantage de prix : « spécial », « meilleure vente », « prix bas permanent ». L'affichage normal du prix sur la carte n'est évidemment pas visé. C'est sa mise en scène qui peut l'être.
Cadeaux, dégustations et boissons offertes
L'article 41 de la loi sur l'alcool interdit la vente de spiritueux impliquant des cadeaux destinés à séduire le consommateur, la vente à un prix qui ne couvre pas les frais et la remise gratuite à des fins publicitaires à un nombre indéterminé de personnes, comme une dégustation ouverte.
Le guide fixe une tolérance précise. D'après l'OFDF (Guide de la publicité pour les boissons spiritueuses, novembre 2024), un cadeau ayant directement trait au produit reste admis si sa valeur ne dépasse pas 10 % du prix de la marchandise. Il doit alors être présenté comme compris dans le prix, avec « avec » ou « y compris », jamais comme « offert » ou « gratuit ».
Concours et tirages au sort
L'alinéa 4 de l'article 42b interdit les concours qui servent de publicité pour un spiritueux ou qui impliquent d'en acheter ou d'en distribuer. Le tirage au sort d'une bouteille sur Instagram, très courant, entre exactement dans ce cas.
Le happy hour est-il légal en Suisse ?
Prix réduits sur l'alcool, de 16 h à 22 h : trois régimes
16 h17 h18 h19 h20 h21 h22 h
Droit fédéralspiritueux
Exclus de toute offre, à toute heure
Vaudtoutes boissons alcooliques
Happy hour interdit (LADB, art. 50)
Genèveboissons fermentées
Genève3 boissons sans alcool
Lecture : à Genève, la réduction sur le vin ou la bière tient dans 2 heures au maximum, placées entre 17 h et 20 h (LRDBHD, art. 31, al. 5). Hors de cette fenêtre, aucun prix préférentiel sur l'alcool.
La réponse dépend de la boisson et du canton. C'est l'une des requêtes les plus fréquentes des exploitants, et l'une où les idées reçues sont les plus tenaces.
Au niveau fédéral : les spiritueux doivent être exclus
Le guide de l'OFDF est explicite. Toute offre de type happy hour, et toute offre de boisson gratuite comme une boisson de bienvenue, est interdite si elle n'exclut pas explicitement les spiritueux. L'exclusion doit figurer sur le support lui-même, pas seulement dans l'intention de l'équipe.
Dans le canton de Vaud : interdit pour toutes les boissons alcooliques
La loi vaudoise sur les auberges et les débits de boissons (LADB) va plus loin que le droit fédéral. Selon la Police cantonale du commerce, son article 50, alinéa 2, interdit les cadeaux ou avantages destinés à séduire le consommateur, notamment les happy hours, ainsi que les prix forfaitaires quelle que soit la quantité, du type « open bar ». Une directive du chef du département du 6 juin 2016 encadre spécifiquement les happy hours.
État de Vaud, vente de boissons alcooliques
Le même article interdit d'inciter le personnel à boire avec la clientèle et d'organiser des jeux ou concours qui augmentent la consommation. Ces obligations s'ajoutent à celles que la licence impose, détaillées dans notre guide de la licence d'établissement dans le canton de Vaud.
À Genève : une fenêtre étroite pour les boissons fermentées
Genève a choisi une règle encadrée plutôt qu'une interdiction totale. D'après la loi genevoise sur la restauration, le débit de boissons, l'hébergement et le divertissement (LRDBHD, article 31, alinéa 5), les boissons fermentées peuvent être vendues à prix réduit entre 17 h et 20 h, pendant 2 heures au maximum. Les trois boissons sans alcool que l'établissement doit proposer doivent alors être réduites elles aussi.
Loi genevoise sur la restauration, le débit de boissons, l'hébergement et le divertissement (LRDBHD)
Hors de cette fenêtre, la loi interdit de vendre de l'alcool à un prix préférentiel ou d'accorder tout autre avantage. Elle interdit aussi d'offrir de l'alcool gratuitement pendant des heures annoncées.
Dans les autres cantons romands
Fribourg, le Valais, Neuchâtel et le Jura appliquent leur propre législation cantonale. Le cadre fédéral sur les spiritueux s'y applique dans tous les cas. Pour le vin et la bière, vérifiez le texte de votre canton avant de lancer une offre, et ne transposez jamais une règle genevoise ailleurs.
| Territoire | Spiritueux et cocktails qui en contiennent | Vin, bière, cidre |
|---|
| Droit fédéral | Exclus de toute offre de type happy hour | Pas d'interdiction fédérale |
| Canton de Vaud | Interdit | Interdit |
| Canton de Genève | Interdit | Prix réduit possible entre 17 h et 20 h, 2 heures au maximum, sans alcool réduit aussi |
Un créneau de fin de journée peut très bien être rentable sans aucune remise, en travaillant la carte et le débit. C'est l'angle de notre article sur le happy hour et l'afterwork construits comme une offre rentable.
Affichage, vitrine, terrasse : ce que Genève et Vaud ajoutent
Alcools de plus de 15 % : la coupe d'un bar
Du trottoir au comptoir, où l'affichage reste possible à Genève et dans le canton de Vaud
1Chevalet sur le trottoir
GE interditVD interdit
2Parasol à la marque d'un alcool fort
GE interditVD interdit
3Affiche en vitrine
GE interditVD interdit
4Présentoir dans une salle ouverte aux mineurs
GE règles fédéralesVD interdit
5Établissement interdit aux moins de 18 ans
GE règles fédéralesVD règles fédérales
Périmètre : alcools de plus de 15 %, et alcopops dans le canton de Vaud. Le vin et la bière de 15 % ou moins ne sont pas visés par ces deux lois cantonales. « Règles fédérales » signifie que la loi sur l'alcool continue de s'appliquer au contenu. Sources : LPR genevoise, art. 9 ; directive vaudoise de juillet 2025.
Les deux principaux cantons romands encadrent l'affichage extérieur pour les alcools forts. Le seuil retenu est le même, plus de 15 % d'alcool, mais la portée n'est pas identique.
Genève : pas d'affichage visible depuis la rue
D'après la loi genevoise sur les procédés de réclame (LPR, article 9, alinéa 2), l'affichage de publicité pour les alcools de plus de 15 volumes pour 100 est interdit sur le domaine public et sur le domaine privé visible depuis le domaine public. L'interdiction vaut aussi à l'intérieur et aux abords des bâtiments publics propriétés de l'État.
Loi genevoise sur les procédés de réclame (LPR)
La LRDBHD ajoute, à son article 46, l'interdiction de projeter tout film ou diapositive publicitaire en faveur de l'alcool dans les établissements de divertissement accessibles aux moins de 16 ans.
Vaud : une interdiction étendue à l'intérieur des établissements
Le canton de Vaud a franchi un pas de plus. Selon l'État de Vaud, l'interdiction de la publicité pour les alcools de plus de 15 % s'applique depuis le 15 juillet 2024, avec un délai transitoire jusqu'au 30 septembre 2025 pour adapter les supports. Elle vise l'extérieur, mais aussi l'intérieur des lieux privés accessibles aux mineurs, restaurants et lieux de manifestations compris.
État de Vaud, alcools de plus de 15 % et mineurs : état de la législation
D'après la directive illustrée du Département de la santé et de l'action sociale (juillet 2025), les alcopops sont visés même sous 15 %, tandis que la bière et le vin de 15 % ou moins ne le sont pas. La publicité reste autorisée à l'intérieur des établissements interdits aux moins de 18 ans. La loi vaudoise sur les procédés de réclame interdit aussi les supports qui mettent en évidence un parrainage ou une promotion de ces produits.
État de Vaud, directive sur l'interdiction de la publicité pour le tabac et l'alcool
Ce que cela change concrètement pour une terrasse
Le parasol, la vitrine et le chevalet sont les premiers supports concernés, car ils sont visibles depuis le domaine public. Un parasol à la marque d'un alcool fort, très répandu, pose donc problème dans les deux cantons.
L'application a déjà surpris des organisateurs. D'après Le Temps (« Dans le canton de Vaud, une nouvelle directive condamne les soirées Suze ou Ricard », octobre 2025), une société de jeunesse vaudoise devait rebaptiser sa soirée annuelle consacrée à un apéritif de marque, qui en était à sa 16e édition. Les concours sur Instagram avec une bouteille d'alcool à la clé y sont aussi cités parmi les pratiques désormais exclues.
Le Temps, directive vaudoise sur la publicité pour l'alcool fort
Site internet et réseaux sociaux : la publicité ne s'arrête pas au comptoir
Une publication conforme, point par point
1Photo centrée sur le verre, sans personne ni décor de fête.
2Légende avec la recette du cocktail, sans incitation à boire.
3Hashtag lié au produit, jamais au bonheur ou à la fête.
4Commentaire de tiers non conforme : le propriétaire du compte doit l'effacer.
Public suisse visé ? L'OFDF juge sur l'impression générale : domaine en .ch, nom du compte, langue, devise des prix, contenu.
Ce qui vaut sur une affiche vaut en ligne. L'OFDF interprète la notion de publicité au sens large : elle couvre toutes les mesures de communication destinées à promouvoir les ventes, y compris le site de l'établissement et les publications non sponsorisées.
Vos publications et votre page
Les règles s'appliquent aux sites et comptes qui visent d'abord le public suisse. Le guide retient un faisceau d'indices : un nom de domaine en .ch, une référence à la Suisse dans le nom du compte, la langue, des prix en francs suisses, le contenu. C'est l'impression générale qui décide. Un compte rédigé en anglais n'échappe donc pas aux règles s'il parle d'un bar lausannois à une clientèle locale.
Les liens et les hashtags doivent eux aussi avoir trait au produit. Un mot-dièse qui associe le rhum au bonheur est cité par l'OFDF comme exemple à éviter.
Influenceurs et placement de produit
Le marketing d'influence pour un spiritueux est en règle générale interdit, parce qu'il repose sur le mode de vie de la personne qui publie. Le placement de spiritueux dans une vidéo ou une publication d'influenceur n'est pas autorisé non plus. Pour un bar, inviter un créateur de contenu à filmer sa carte de cocktails demande donc une vraie prudence.
Les commentaires de vos abonnés
Le propriétaire d'un site ou d'un compte répond de son contenu. Selon le guide de l'OFDF, il doit effacer les publications de tiers qui ne respectent pas la loi. Une photo de soirée postée en commentaire sous votre publication sur un cocktail est votre affaire, pas seulement celle de son auteur.
Protection des jeunes : la règle qui vaut aussi pour le vin
ODAlOUs, article 43 : quatre cibles interdites
Lieux et manifestationsfréquentés surtout par des jeunes
Publicationsqui s'adressent surtout à eux
Objetsqu'ils utilisent surtout
Objets distribuésgratuitement aux jeunes
Cette règle couvre toutes les boissons alcooliques : vin, mousseux, bière et cidre compris.
C'est la seule règle de publicité commune à toutes les boissons alcooliques, vin et bière compris. D'après l'ordonnance sur les denrées alimentaires et les objets usuels (ODAlOUs, article 43), toute publicité pour des boissons alcooliques s'adressant spécialement aux jeunes de moins de 18 ans est interdite.
Ordonnance sur les denrées alimentaires et les objets usuels (ODAlOUs), RS 817.02
L'article cite les lieux et manifestations fréquentés principalement par des jeunes, les publications qui leur sont destinées, les objets qu'ils utilisent surtout et les objets qui leur sont distribués gratuitement. Les codes graphiques comptent autant que le lieu : personnages de dessin animé, références scolaires ou esthétique de jeu vidéo sont à proscrire sur un support qui parle d'alcool.
L'article 42 de la même ordonnance impose en outre un écriteau signalant les âges de remise au point de vente. Ce point relève de l'affichage obligatoire plutôt que de la publicité, et nous le détaillons avec l'offre sans alcool dans notre guide des mentions obligatoires sur la carte des boissons en Suisse.
Sanctions et contrôle préalable : sécuriser une communication
Sécuriser avant de diffuser
1Projet de support
Carte, affiche, publication, habillage de bar.
2Dépôt en ligne à l'OFDF
Portail publicitaire du Domaine Alcool.
30Rapport sous 30 jours
Envoyé par courriel après évaluation.
4Impression et diffusion
Une fois le support corrigé si besoin.
Plafond de l'amende, LAlc art. 57
Publicité ou commerce interdit : la négligence reste punissable, avec un plafond réduit de moitié.
Une campagne d'affichage, une carte imprimée en quantité ou une série de publications se corrigent mal une fois diffusées. Il vaut mieux connaître le risque et les moyens de le réduire avant.
Ce que prévoit la loi sur l'alcool
D'après la loi fédérale sur l'alcool (article 57, en vigueur depuis le 1er janvier 2018), enfreindre intentionnellement les limites de la publicité ou les interdictions de commerce de l'article 41 est puni d'une amende. Si l'auteur a agi par négligence, le plafond de l'amende est réduit de moitié. La négligence ne met donc pas à l'abri.
Les cantons poursuivent les infractions aux interdictions de l'article 41 commises dans leur commerce de détail.
Faire examiner un projet par l'OFDF
C'est l'outil le plus sous-utilisé par les exploitants. Selon l'OFDF (page « Publicité pour les boissons spiritueuses »), son Domaine Alcool vérifie les projets publicitaires sur les spiritueux qui lui sont soumis en ligne et envoie un rapport de contrôle par courriel dans les 30 jours. Un délai à intégrer dans le calendrier d'une ouverture ou d'une saison.
OFDF, publicité pour les boissons spiritueuses
Qui est visé par les règles ?
Le guide de l'OFDF s'adresse à toutes les personnes qui font de la publicité pour un spiritueux : producteurs, grossistes, détaillants, publicitaires, restaurateurs et influenceurs. Les règles visent les entreprises qui vendent au consommateur final. Elles ne s'appliquent pas à la publicité destinée au personnel des bars ou au commerce de détail.
Trois erreurs fréquentes sur la promotion de l'alcool au bar
Un long drink léger se traite comme un verre de vin.
Un spiritueux dans la recette suffit : loi sur l'alcool, quel que soit le degré.
Sans prix barré, une boisson de bienvenue offerte passe.
Le cadeau est un avantage : interdit pour un spiritueux, et pour tout alcool dans le canton de Vaud.
Le parasol vient du fournisseur, il est forcément conforme.
C'est la règle du lieu où il est visible qui s'applique, et il est sur votre terrasse.
Ces erreurs ne viennent presque jamais d'une volonté de contourner la loi. Elles viennent d'un raccourci de bonne foi.
Erreur 1 : croire qu'un cocktail léger échappe à la loi sur l'alcool
Le raisonnement paraît logique : un long drink peu chargé titre moins qu'un verre de vin, il devrait donc être traité comme lui. C'est faux. Dès qu'un spiritueux entre dans la recette, la boisson relève de la loi sur l'alcool, quel que soit son degré final.
Erreur 2 : remplacer la remise par un cadeau
Il arrive souvent qu'un établissement renonce au prix barré, puis annonce une boisson de bienvenue offerte. Pour un spiritueux, c'est le même interdit sous une autre forme. Dans le canton de Vaud, la LADB l'étend à toutes les boissons alcooliques.
Erreur 3 : laisser le fournisseur décider du matériel publicitaire
Parasols, chevalets, sets de table et sous-verres arrivent souvent avec une livraison. Le matériel est pourtant installé chez vous, et c'est la règle du lieu où il est visible qui s'applique. Un parasol conforme dans un canton peut ne pas l'être de l'autre côté de la frontière cantonale.
Auditer ses supports de communication en trois passages
Vérificateur de support
Choisissez la boisson, le canton et l'emplacement : le repère s'affiche aussitôt.
Interdit
Dans le canton de Vaud, la publicité pour les alcools de plus de 15 % est interdite sur le domaine public et sur le domaine privé visible depuis celui-ci.
Repère indicatif établi à partir de la loi sur l'alcool, de l'ODAlOUs, de la LPR genevoise et de la directive vaudoise. Il ne remplace ni l'examen de l'OFDF ni l'avis de l'autorité cantonale.
Une relecture méthodique se fait en trois passages, chacun avec une seule question. Elle vaut avant une ouverture, avant chaque nouvelle carte et avant le début de la saison de terrasse.
Premier passage : classer chaque boisson
Reprenez la carte ligne par ligne et notez pour chaque boisson son régime : fermentée seule, ou spiritueux et boisson qui en contient. Les cocktails, les apéritifs amers et les liqueurs passent dans la seconde colonne. Pour une boisson composée dont vous ignorez la recette exacte, demandez-la au fournisseur.
Deuxième passage : situer chaque support
Listez ensuite tout ce qui montre une boisson, avec son emplacement :
- à l'intérieur : carte, ardoise, écran, présentoir, sous-verres ;
- visible depuis la rue : vitrine, parasol, chevalet, enseigne ;
- en ligne : site, réseaux sociaux, plateformes de réservation ;
- hors les murs : stand sur une manifestation, en particulier sportive.
Croisez avec le premier passage. Un spiritueux visible depuis la rue à Genève ou dans le canton de Vaud, ou présent sur une manifestation sportive, doit être retiré du support.
Troisième passage : relire chaque formulation
Pour les spiritueux, cherchez les mots qui signalent un avantage, les mentions « offert » ou « gratuit », les références aux saisons et aux fêtes, les personnes à l'image et les noms de cocktails sans recette. Pour toutes les boissons, vérifiez qu'aucun code ne parle aux moins de 18 ans. Ce qui reste peut être diffusé sereinement.
Parler du produit, jamais de la fête : la règle qui ne trompe pas
La publicité pour l'alcool en Suisse paraît complexe parce qu'elle mêle trois niveaux de droit. Une ligne de conduite permet pourtant de rester du bon côté presque partout : décrire la boisson, ses ingrédients, son origine et sa préparation, et laisser de côté l'ambiance, la remise et le cadeau.
Cette ligne colle d'ailleurs à ce qui fait vendre un verre en salle : un produit identifiable, une composition claire, un service rapide et constant. Une tireuse bien placée et une carte qui détaille chaque recette transmettent l'information sur la boisson sans rien promettre d'autre.
Vous préparez une ouverture, une nouvelle carte ou une saison de terrasse, et vous voulez un service de vin, de mousseux et de cocktails à la pression pensé pour votre établissement ? Le bouton ci-dessous mène au formulaire de contact.
On décrit
la boisson et sa recette
l'origine des ingrédients
la préparation et le service
le prix, sans mise en scène
On laisse de côté
l'ambiance et la fête
la remise et le prix barré
le cadeau et le concours
la saison et les jours fériés
Vos questions fréquentes sur la publicité pour l'alcool en Suisse
Le vin et la bière sont-ils libres en publicité ?
Ils sont beaucoup plus libres que les spiritueux, mais pas sans limite. La loi sur l'alcool ne les vise pas tant qu'ils sont issus de la seule fermentation et restent sous ses seuils. L'interdiction de cibler les moins de 18 ans s'applique en revanche à toutes les boissons alcooliques. Dans le canton de Vaud, l'interdiction des happy hours et des prix forfaitaires couvre aussi le vin et la bière.
Un fournisseur peut-il parrainer la terrasse de mon bar ?
Pour une marque de spiritueux, le parrainage est très encadré. Le guide de l'OFDF exclut l'usage des logos de marques et n'admet que le nom de l'entreprise tel qu'inscrit au registre du commerce, dans une police neutre. Dans le canton de Vaud, la loi sur les procédés de réclame interdit en plus les supports qui mettent en évidence un parrainage pour les alcools de plus de 15 %. Un parasol ou un mobilier aux couleurs d'un alcool fort est donc à écarter.
Peut-on organiser une dégustation de gin au bar ?
Une dégustation gratuite ouverte à tous est interdite : la loi sur l'alcool proscrit la remise gratuite de spiritueux à des fins publicitaires à un nombre indéterminé de personnes. L'autorité compétente peut accorder une dérogation, mais seulement lors de foires ou d'expositions. Une planche de dégustation vendue au prix normal reste une vente, à condition que son annonce respecte les règles de publicité.
Une page Instagram en anglais est-elle concernée ?
Oui, si elle s'adresse d'abord au public suisse. L'OFDF juge sur l'impression générale, à partir de plusieurs indices : le nom du compte, la langue, la disponibilité des produits en Suisse, la devise des prix et le contenu publié. Une page en anglais qui présente un bar genevois et ses cocktails à une clientèle locale reste soumise aux règles suisses, comme son site.
La publicité destinée aux professionnels est-elle soumise aux mêmes règles ?
Non, pas de la même façon. Les règles de la loi sur l'alcool visent les entreprises qui vendent au consommateur final. Le guide de l'OFDF précise qu'elles ne s'appliquent pas à la publicité destinée au personnel des bars ou au commerce de détail. Un grossiste qui ne peut pas exclure de vendre aussi à des particuliers reste en revanche soumis à ces règles.
Quand faut-il soumettre un projet à l'OFDF ?
Dès qu'un support met en avant un spiritueux et que vous avez un doute sur une image, un slogan ou une mention de prix. Le dépôt se fait en ligne, sur le portail publicitaire de l'office, et le rapport arrive par courriel. Comptez ce délai avant d'imprimer une carte, de commander des parasols ou de lancer une campagne pour une ouverture de saison.
Sources
- OFDF, publicité pour les boissons spiritueuses
- OFDF, Guide de la publicité pour les boissons spiritueuses
- Loi fédérale sur l'alcool (LAlc), articles 2, 41, 42b et 57
- Ordonnance sur les denrées alimentaires et les objets usuels (ODAlOUs), articles 42 et 43
- Loi fédérale sur la radio et la télévision (LRTV), article 10
- Office fédéral de la santé publique, restrictions de publicité dans les cantons
- Genève, loi sur la restauration, le débit de boissons, l'hébergement et le divertissement (LRDBHD)
- Genève, loi sur les procédés de réclame (LPR)
- État de Vaud, Police cantonale du commerce, vente de boissons alcooliques
- État de Vaud, alcools de plus de 15 % et mineurs : état de la législation
- État de Vaud, directive sur l'interdiction de la publicité pour le tabac et l'alcool
- Le Temps, la directive vaudoise sur la publicité pour l'alcool fort

Bibarium, spécialiste suisse du vin et des cocktails à la pression
Bibarium équipe bars, restaurants, hôtels et événements en tireuses et en fûts pour servir vin, mousseux et cocktails à la pression. L'entreprise s'appuie sur le projet Interreg France-Suisse ECOFASS Vin, mené avec l'Institut Français de la Vigne et du Vin, l'École de Changins et l'École hôtelière de Lausanne, et sur son partenariat avec la Cave de La Côte.
Contenu relu et validé par Marc Sarrazin, directeur de Bibarium, ingénieur œnologue diplômé de Changins.
Mis à jour : octobre 2026